A.K.F.B
Association Killiphile Francophone de Belgique

Accueil > Quoi de neuf ? > Dans les archives > En 1976 > LES SPLENDIDES MICROCIPRINS LIGNES DU GENRE Aphyosemion bivittatum

LES SPLENDIDES MICROCIPRINS LIGNES DU GENRE Aphyosemion bivittatum

vendredi 28 novembre 2014, par webmaster

LES SPLENDIDES MICROCIPRINS LIGNES DU GENRE

Aphyosemion Bivittatum (Lönnberg 1895)

Par Heinz 0. Berkenkamp /Wilhelmshaven et Otto Böhm / Vienne.

1 .Preambule

Au cours de l’année 1895 furent décrits les premiers microcyprins lignés.

Depuis lors on trouve de multiples espéces, qui furent décrites et reçurent un nom, compte tenu des règles de systématique en vigueur à l’époque.

Du fait que les microcyprins lignés sont bien connus, volontiers tenus et reproduits depuis de nombreuses années par les aquariophiles, nous allons essayer de donner un aperçu des espéces élevées jusqu’ici en aquarium.

D’une révision moderne de Scheel (1965) et d’une plus récente édition du même auteur (1974), nous relevons qu’une vue d’ensemble d’une certaine famille peut cependant soulever bien des problémes.

En 1950 déjà, par la description de deux nouvelles espéces, Meinken attirait l’attention sur le fait qu’une redescription des espéces déjà décrites était nécessaire à cause de nombreuses formes intermédiaires et d’un nombre de sortes ne peuvant être prises que comme sous-variétés.

2. LES MICROCYPRINS LIGNES EN AQUARISTIQUE.

Les imposantes nageoires des mâles pavoisant en chassant, ainsi que la splendeur fort changeante des couleurs des formes du complexe Aphyosemion bivittatum font de ses animaux des adoptifs passionnément désirés.


Les microcyprins lignés seront maintenus relativement facilement en eau douce à mi-dure, entre 22° et 26° C., même en aquarium d’ensemble. Comme aliment dappoint, la nourriture séche est aussi acceptée. Il y a meme des amateurs qui n’élévent leurs poissons qu’avec du sec, tandis qui d’autres ne leur donnent que du vivant.

Si, 1ors de l‘installation de l’aquarium. en a pris soin de prevoir quelques coins sombres, les poissons seront le mieux mis en valeur. Alors les mâles primitivement farouches sortiront de leurs abris et pavoiseront toutes nageoires deployées devant les femelles et leurs congénères. Nous admirerons alors la beauté exceptionelle de leurs couleurs. Les formes d’Aphyosemion bivittatum vivent généralement de deux à cinq ans et sont faciles à reproduire. Ils aiment une eau cristalline et pure, et sont des adoptifs sans problèmes qui s’inquiètent à peine des autres habitants de l’aquarium.

3. LA REPRODUCTION DES MICROCYPRINS LIGNES.

La reproduction des différentes especes est, avec un peu d’expérience, sans problème.

Les conditions sont naturellement d‘avoir des poissons de taille adéquate, sexuellement mûrs (en couleurs et desquels les femelles montreront aussi une intention de frayer. Les mâles sont facilement reconnaissables à leurs grandes nageoires souvent pointues ainsi qu’a leurs violentes couleurs. Les femelles restent quelque peu plus petites et sont marquées de deux barres longitudinales sombres et clairement visibles. Leur maturité se distingue par transparence dans la partie ventrale au-dessus des très petites nagaoires ventrales et ce par lumière rasante.

Les amateurs qui ne connaissent pas ces espèces , les remarqueront peu souvent dans les aquariums surpeuplés des commerçants parce qu’ils se trouvent la plupart du temps effrayés dans un coin ou à la surface de l’eau.

Tient-on ces espèces dans des aquariums très densément plantés et avec assez bien de plantes flottantes, nous pourrons alors, à des moments différents , suivant la méthode simple appelée “naturelle”, pêcher les jeunes à la cuillère et les faire grandir à part.

Pour la reproduction “intensive”, on peut, durant 15 jours, garder séparément dans des petits bacs de 10 L. avec un fond de tourbe poudreuse, plusieurs couples nourris abondamment, et les y laisser pondre. Ensuite on éloigne les parents et on a le choix entre deux processus de reproduction. On peut laisser l’aquarium tel quel. Après 1 à 4 semaines, quelques jeunes éclosent journellement. Les jeunes de tailles différentes sont cannibales entre eux, les plus grands s’en prennent aux jeunes éclos plus tard et plus petits. Le temps d’incubation dépend de la température de l’eau et peut différer de plusieurs jours.

Pour éviter de devoir tenir les jeunes de tailles différentes à part , il est plus simple de vider la tourbe contenant les oeuf dans un fin filler, de la presser fortement et de la conserver durant 14 à 20 jours à température constante “à sec” dans un sac en plastic ou un pot. Après environ3 semaines, on vide de l’eau portée à température sur la tourbe. Les premiers jeunes apparaissent déjà après 1 heure, les autres les jours suivants.

Par cette dernière méthode, on obtient des jeunes de tailles sensiblement égales. Ils se nourrissent immédiatement de nauplies d’artémias fraîchement écloses. Meilleur encore serait du planction nouvellement éclos que l’on aurait pêché et distribué avec parcimonie.

Du fait que le juste dosage de la quantité de nourriture est dépendant du nombre de jeunes, cela peut poser quelques problèmes au début, mais après quelques résultats moins bons, on acquiert le tour de main.

Les alevins grandissent assez lentement. Un renouvellement périodique de l’eau et quelques escargots pour éliminer les restes de nourritures seront certainement utiles.

La dernière méthode de reproduction est de chercher à la main les oeufs qui, après une heure, ont déjà une enveloppe dure. On mettra les parents dans un petit aquarium. Comme substrat de ponte, on met le plus souvent de la tourbe filamenteuse, de l’ouate de perlon ou des files de perlon pour les espèces se tenant au sol. Préférence sera donnée aux matériaux de couleur sombre. Les oeufs son tadhésifs.

On peut, chaque jour, de préférence le soir, rechercher les oeufs fécondés et non moisis, et suivre leur développement dans un petit pot contenant de l’eau avec une solution de tripaflavine.

D fait qu’avec cette dernière méthode les oeufs éclosent également irrégulièrement et que les jeunes devraient aussi être classés par grandeur suivant la durée de la ponte, c’est encore la méthode sur la tourbe qui est la plus adoptée.

Il faut toutefois remarquer que du fait de leur recherche, le nombre d’oeufs peut être contrôlé et par comparaison donne aussi les meilleurs résultats.

4. ZOO-GEOGRAPHIE DES MICROCYPRINS LIGNES

Les microcyprins lignés sont jusqu’à présent récoltés en Afrique occidentale, au sud du Togo jusqu’au Rio Muni. Ils vivent dans la forêt tropicale bordant la côte jusqu’à la forêt de montagne et ce, jusqu’à une altitude de 500 m.

Un grand nombre de groupes de populations différenciées, qui, suivant les caractéristiques corporelles sont difficilement différenciables à cause de leur partielle concordance, est caractéristiquepour un territoire étendu. Parfois apparaissent d’autres formes dans le bas et le haut pays, aussi bien que dans un proche bassin.

La dernière étude de ce groupe de familles par Scheel (1974) donne un aperçu de 35 formes naturelles qui sont répertoriées partiellement en espèces indépendantes ou en sous-espèces.

Il est important de savoir que, par exemple, les espèces des zones montagneuses ont d’autres exigeances en ce qui concerne la température et la qualité de l’eau, que les poissons des savannes ou des régions côtières. En cas d’adaptation difficile, cela se remarquera habituellement à leurs nageoires repliées. Par l’adjonction d’un peu de sel (pour les sujets blessés éventuellement un antibiotique). Une amélioration rapide sera constatée. Dans certaines circonstances, il est aussi à conseiller de modifier la qualité de l’eau.

5. SYSTEMATIQUE ET TAXONOMIE DES MICROCYPRINS LIGNES

L’appellation (taxonomie) de quelques espèces suivant les descriptions parues jusqu’à ce jour, est habituellement problématique. De même la classification de quelques phénotypes dans le système.

Déjà dans le complexe des multiples espèces du genre Aphyosemion (Myers 1924), les espèces “Bivittatum” sont complètement isolées et ne sont pas à comparer avec d’autres.

Sur recommandation de Scheel, Radda (1972) propose pour ces formes une propre sous-espèce- Chromaphyosemion et donne A.multicolor (Meinken 1930) comme type, pour lequel la description comprend des mâles et des femelles tandis que l’espèce la plus ancienne fut décrite d’après une femelle.

Suivant cette proposition, A.bivittatum devrait donc scientifiquement s’appeler Aphyosemion (Chromaphyosemion) bivittatum (Lönnberg 1895). Quand on pense qu’à ceci s’ajoute encore les sous-espèces ,apparaissent en définitive quatre noms synonymes, plus le nom de l’auteur et l’année de description.

La solution finale au classement des différentes espèces sera certainement réservée à un team d’ichtyologues,qui à coté du rassemblement de matériel authentique (populations naturelles) devra aussi conduire des expériences morphologiques (expériences de croisements).

Pour les aquariophiles et particulièrement pour le voyageur en Afrique , cela revient à dire que , seules les souches pures ,avec stipulation de l’endroit de la capture,et la mention de l’année de la récolte, valent la peine d’être gardées et répendues. Un mélange de diverses souches est toujours à éviter parce que pour des expériences de croisements ,des annotations précises devraient être faites.

La conservation des formes naturelles et leur diffusion pour une recherche valable est l’assurance d’une solution aux problèmes des associations killiphiles.

6. LES ESPECES DE MICROCYPRINS LIGNES SCIENTIFIQUEMENT DECRITES JUSQU’A PRESENT (1895 – 1935)

De la famille A.bivittatum, 13 espèces différentes ont jusqu’à présent été décrites. Elles sont citées ci-après avec leur nom d’espèce valable et l’endroit de leur découverte.

Le nom de famille valable est Aphyosemion en lieu et place de Fundulus ou Fundulopanchax.

Tableau 1 : Sortes du complexe Bivittatun décrites :

Fundulus bitaeniatus Ahl,1924Niger

Fundulus bivittatusLönnberg,1895Ndian(rivière) Nigéria

Aphyosemion bivittatum hollyiMeyers,1933 ?Nigeria orient.

Fundulus loennbergiBoulenger, 1903Cameroun/ Kribi

Fundulopanchax multicolorMeinken, 1930Nigeria / Lagos

Aphyosemion nigriAhl, 1935Cameroun ?

Fundulus pappenheiniAhl, 1924Cameroun, jardins de Bipindi

Fundulus riggenbachiAhl, 1924Cameroun,Jahassi

Fundulus rubrostictusAhl, 1924Niger

Fundulus unicolorAhl, 1924 ?Afrique occ.

Fundulopanchax splendopleurisMeinken,1930Cameroun / Tiko

Aphyosemion unistrigatusAhl, 1935Cameroun /Hippindi

Fundulus zinneriAhl , 1924Embouchure Niger

Jusqu’à présent, les sortes décrites ci-dessus, ne sont qu’en partie importées vivantes depuis leur première description. A cela s’ajoute encore que le matériel disponibleau Musée zoologique de Berlin, datant des annéess 1924 à 1935, n’a plus que peu de valeur comme sujet de comparaison à cause de sa vieillesse et des circonstances de conservation.

Dans l’état actuel des révisions du matériel-poissons,toutes les caractéristiques possibles (valeur méristiques,patron des couleurs, indication exacte de l’habitat,etc..) doivent être donnés car autrement des doutes persisteront toujours

Repris de “Der Aquarien Freund” ,

Traduit de l’allemand : E.Wilms – BKV 6

Traduit du néerlandais : AKFB 4

Retrouvez l’article originale dans la 5ème revue de 1976

PDF - 2.2 Mo

Sauvegarder cet article au format PDF: Enregistrer au format PDF