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Association Killiphile Francophone de Belgique

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Nourrir ses Poissons

mercredi 28 janvier 2015, par webmaster

CHAP. I - NOURRIR SES POISSONS.

Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger. Tout est là, et soyez certains que le poisson adulte ’ creuse sa tombe avec ses dents ’. Il faut savoir que comparativement à l’homme qui a le sang chaud, le poisson, lui, a une t° interne complètement dépendante de la t° de l’eau. C’est donc un animal à t° interne variable. Ceci peut paraître un inconvénient, mais quand on sait que 90 % de. ce que nous, humains, mangeons, sert à maintenir notre t° interne plus élevée que la t° ambiante, on comprendra aisément que, comparativement, et toutes proportions gardées, le poisson devra manger moins que nous, et ne devra assurer, lorsque sa croissance sera terminée, que sa seule vitalité. Mais revenons à la nature, et à la manière dont les poissons se nourrissent. En principe, ils prennent deux repas principaux, au lever et au coucher du soleil, ce qui n’empêche pas les gourmands de grignoter de-ci, de-là toute la sainte journée. En captivité, nous nous efforcerons d’imiter la nature, tout en faisant quand même des distinctions. Ainsi,
1°) L’alevin devra ’nager’ dans la nourriture, et l’éleveur devra s’habituer à jongler avec la ’quasi-pollution’.
2°) L’adolescent sera nourri abondamment et recevra un menu très varié et très riche en vitamines.
3°) Le reproducteur aura à peu près le même régime, mais ses aliments seront sélectionnés en fonction de la future ponte (riches en vitamines E, par exemple).
4°) Le poisson d’ornement jeûnera 1 jour par semaine. Ces premiers jalons étant posés, examinons maintenant l’assortiment de nourritures vivantes parmi lesquelles nous pourrons choisir les repas du matin et du soir. (Distribuer celui-ci, 2 heures minimum avant l’extinction des rampes d’éclairage).

Notons encore que les recettes qui vont suivre ont été choisies pour leur simplicité, et les résultats positifs obtenus. Elles n’excluent évidemment aucune autre, et ne prétendent pas non plus être les meilleures.

CHAP. II - NOURRITURES VIVANTES COURANTES.

Nous partirons de la proie la plus petite, pour aboutir à celle qui bien souvent exigera l’emploi de la ’Gillette’, si nous voulons garder une proportion normale entre l’avaleur et l’avalé ! A. LE MICRO-PLANCTON : Bien que, dès leur 1er jour, presque tous nos killies Quissent avaler des nauplies d’artémias fraîchement écloses, il nous a semblé bon de signaler ces micro-organis-mes, car à notre sens, les Roloffia ont un meilleur départ dans la vie quand ils peuvent s’en gaver sitôt la résorption de la vésicule vitelline terminée. Le micro-plancton peut être divisé comme suit :

a) Le phyto-plancton : les algues vertes en suspension dans l’eau par exemple. On peut se procurer cette eau verte, soit directement dans la nature, soit en exposant en plein soleil, ou à défaut à une lumière artificielle très intense, de l’eau dure et alcaline.

b) Le zoo-plancton :les mini-crustacés, les rotifères et les infusoires, par ex. Après avoir signalé que le premier pourvoyeur possible en infusoires est le riccia dont vous pouvez couvrir vos bacs d’élevage, nous retiendrons deux méthodes pour une culture plus abondante, avant de faire notre choix, et de déterminer la quantité à distribuer.

1°)Méthode classique

Laisser macérer dans un bocal (1-2L) d’eau dure et alcaline (idéal pH=7,2 et dH=20°) (NON javellisée, sinon — AERER qq. heures), soit :

- 1 pomme de terre crue coupée en 4.

- 1 c.café de foin coupé fin.

- 1 c.café de lait.

- 1 peau de banane coupée en morceaux.

- 1/4 de tablette d’infusyl écrasée.

- 10 grains de blé ou de riz-paddy.

- 10 graines mélangées pour oiseaux.

- quelques gouttes d’eau de filtre, ou de vase à fleurs.

- 1 c.café de feuilles de salade séchées et écrasées.

- etc...

Tous ces ingrédients auront été séchés au soleil, ou au four à la grande rigueur. Ils seront maintenus au fond du bocal, et après 24 à 36 heures, nous obtiendrons un ’bon bouillon’. Eventuellement, vous pourrez nourrir vos infusoires 1 fois par semaine en ajoutant 1 c. à thé de lait frais et 2 à 3 gouttes (l’ammoniaque, et vous aurez ainsi une préparation valable de 2 à 3 semaines.

2°)Méthode du riz-paddy

Nous en étions à ces mixtures plus ou moins malodorantes (suivant l’importance de la présence en bactéries) lorsque le Directeur de l’Aquarium de Monaco, Mr. Jacques Arnoult, mit au point la méthode dite du riz-paddy. Ces grains de riz non décortiqués se trouvent aisément dans les oiselleries et sont toujours porteurs d’infusoires de plusieurs espèces de tailles variables, d’où leur intérêt indéniable. Il suffit de semer quelques grains sur le sol, ou de les placer dans une mangeoire flottante. Après 24-30 heures, les infusoires seront innombrables.

3°) Quelle méthode choisir

Les essais réalisés par Mr. De Rijck, et rassemblés ci-dessous sous forme de tableau parlent d’eux-mêmes. La solution idéale et la plus simple apparaît êtré celle du riz-paddy. Dès lors, pourquoi se compliquer la vie ?

GrandsInfusoires PetitsInfusoires Germes Moisiss.
Riz-paddy 40 100 10 -
Herbe séchée 60 80 60 +
Bananes 80 60 60 +
P.de terre 100 60 100 +
Salade séchée 20 20 20 -
Lait en poudre 0 0 20 -
Infusyl+eau aquar 20 40 80 -
Infusyl+eau stérile 0 0 100

4°) Quelle quantité distribuer

Les scientifiques ont déterminés que 1 goutte d’une culture normale contient de 100 à 200 infusoires, et que 1 alevin dévore + 5 infusoires par minutes. De là, un calcul très simple vous permettra de règler le débit d’une cartouche goutte à goutte que vous aurez récupéré dans un hôpital. Voilà un petit truc bien utile dans la voie de l’automation de votre installation !

Retrouvez l’article dans la première revue de 1977

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