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Association Killiphile Francophone de Belgique

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Aphyosemion abacinum

samedi 28 février 2015, par webmaster

L’espèce fut trouvée dans un ruisseau à courant assez rapide qui s’écoule sous le couvert de la forêt tropicale à l’intersection des bassins de la rivière Djadié s’écoulant à l’ouest et de la rivière Djoua s’écoulant de l’est vers l’ouest au nord de la précédente.

A l’époque de la saison sèche, la profondeur de cette rivière n’excède guère les 30 cm. JH Huber cite que le jour de la récolte la température de l’eau était de 20,5°C tandis que l’air ambiant atteignait la température de 23°C.

Comme poissons sympatriques, l’auteur nous dit qu’ils appartiennent à trois genres principaux, à savoir, les cyprinidés, les Characidés et lesCichlidés ,ces genres étant répartis suivant les types d’eau fréquentés ( à courantrapide ou nul).

Il y a trouvé une espèce non-identifiée de Procatopodiné et Grassichthys gabonensis Géry , Epiplatys aff. sangmelinensis Ahl, et Aphyosemion kunzi Radda 1976 et une espèce rare de mormyre.

Quant aux caractéristiques de l’eau l’auteur cite : pH 6,0 , TH <0,5° Français

Pour les caractères méristiques de l’espèce l’auteur donne

  • écaillure frontale de type G
  • D : 9 - ll , A : 10 - 12 P : 16 - l9Sql : 30 - 34.
  • Longueur standard : 18 - 23,8
  • Longueur totale : 22,3 - 28,6
  • Quant à l’origine de l’appelation, l’auteur a assimilé le dessin vertical des bandes bleues aux lignes parallèles d’une abaque, rien de plus scientifique et en pratique de la langue latine abaque nous donnerait abacus ce qui pour un nom de poisson nous donne : Aphyosemion abacinum. soit en français : “poisson abaque ’ ou ’de mosaïque’

Au point de vue de ses afinités, l’espèce fait partie d’un groupe d’espèces gabonaises typiques dans le genre Aphyosemion avec pour autres composants :

Aphyosemion cyanostictum Lambert & Géry 1967

Aphyosemion georgiae Lambert & Géry 1967

Aphyosemion georgiae fulgens Radda 1976

Au point de vue coloration, A.abacinum est très proche d’A.cyanostictum , dont il possède la teinte en principal bien qu’il est nettement moins joli. Les seules différences résident dans le fait que l’ensemble des points bleus vifs se répartit uniformément chez A.cyanostictum, alors qu’ils apparaissent rassemblés en un ensemble de bandes verticales chez A.abacinum sur tout le corps.

Ceci est également vrai pour le patron pointillé de la caudale, les points bleutés se rassemblent pour former un patron similaire à celui de la caudale chez A.exiguum et A.bualanum.

A.exiguum que l’on retrouve également dans le bassin de l’Ivindo vu qu’il fut récolté en 1964 dans un marigot affluent de la Karouaga à Garabinzam,moyen Congo.

Comme pour les coloris (excepté pour la concentration des points bleus) A.abacinum ne peut être séparé d’A.cyanostictum par ses caractères méristiques et pourrait en fait n’être qu’une sous-espèce de la précédente (voir tableau comparatif) ou comme on l’appelait précédement une ’variété’.

Une très belle photo en couleurs de L.Seegers accompagne la description de l’espèce et nous présente le mâle.

Le corps est entièrement rouge. Les taches bleutées sont rassemblées en bandes verticales, dans les nageoires impaires et sur le corps constituant la distinction avec le patron des coloris similaires d’A.cyanostictum. A.abacinum possède toutes les nageoires bordées d’un bleu pâle vif comme chez A.cyanostictum.

Dans son exposé sur l’espèce, l’auteur élève l’espèce décrite par RaddaA.georgiae fulgens au rang d‘espèce a partentière, ce qui est pour le moins contestable vu qu’aucunargument valable n’est présenté qui puisse soutenir cetteaffirmation.

Seule une séparation du point de vue reproductif nous permettrait d’établir le lien de parenté. La sous-espèce n’étant pas assez séparée d’A.georgiae , tant du point de vue du patron des coloris que des caractères méristiques pour Justifier sa classification au rang d’espèce, ce qui explique la prudence de Radda en ce qui concerne sa classification.

Ces faits apparaissent nettement dans les dessins de Ruud Wildekamp représentant les 3 espèces et la sous espèce. Quant à la nouvelle espèce décrite on peut établir qu’elle est très proche d’A.cxanostictum, ce qui est confirmé géographiquement vu que le groupe A.cyanostictum-A.abacinum se rencontre dans la partie orientale de la zone de répartition du composant Gabonais du genre, les espèces appartenant au groupe A.georgiae- A.g.fulgens occupant quant à elles la zone occidentale de la répartition.

Ceci en principal, les dites espèces pouvant cependant être sympatriques en certains endroits (p ex : Belinga, Mbengé, Mintsum), mais toujours avec prédominance d’un groupe d’espèce par rapport à l’autre dans la zone typique.

Pour le lecteur nous reprenons les principaux caractères méristiques des espèces concernées.

D A P Sql
A.abacinum 9-11 10-12 16-19 30-34
A.cyanostictum 10-11 11-12 16-18 26-27 (+3)
A.georgiae 11-12 11-12 16-18 26-27(28) (+3)
A.g.fulgens 13 12 26-27 (+2)

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Retrouvez l’article dans la revue de 1977 :

PDF - 2.7 Mo
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