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A. sjoestedti, Lonnberg

mardi 28 juillet 2015, par webmaster

A. sjoestedti, Lonnberg

Texte : J.Capiot & JP Vandersmissen

Dia:JP Vandersmissen

Dessins:Ruud Wildekamp.

Historique :

Ce poisson est comme Roloffia occidentalis à l’origine du conflit Myers-Clausen concernant le genre Roloffia.

En 1895 Lonnberg reçut 2 spécimens de Sjôestedt à savoir :

  • un mâle(qui servit d’holotype pour la description) qui provenait d’un ruisselet près des chutes de la rivière N’Dian
  • une femelle (paratype) endommagée en provenance de Bonge. Il est difficile de situer cette dernière ville. En effet S.Clausen et JJ Scheel essayèrent de trouver A.sjoestedti aux alentours de l’actuelle ville de Bonge sur la rivière kémé et ce sans succès. Ils en vinrent à estimer que la ville de Bonge citée par Sjoestedt devait probablement se situer plus près de la côte mais sur la même rivière Le problème débuta en 1908 quand Boulenger reçut d’Arnold une femelle préservée d’une importation de 1906 et un dessin de 2 couples importés en 1907. Ces derniers faisaient partie d’une importation de 28 poissons dont Arnold reçut 2 couples : un de chaoue phénotype. Il faut en effet savoir que cette dite importation comprenait de visu 2 poissons distincts. Arnold crut avoir a faire à 2 espèces différentes et envoya ainsi les dessins à Boulenger.

Celui-ci les détermina tous 2 comme A.gulare ce qu’Arnold n’accepta pas. Il distribua d’ailleurs ces 2 variétés sous les noms de : - variété A : bleu -variété B : jaune.

Il fit remarquer que les rayons médians de la caudale des juvéniles de la variété A étaient allongés comme chez Epiplatys.

Même en présence des poissons vivants, lors de sa visite chez Arnold en I9II, Boulenger ne revint pas sur sa décision. En 1915, il accorda un semblant de confiance à Arnold en désignant la variété bleue comme

Fundulus gularis var.coerulea.

En 1924, Ahl éleva ce F.gulariss var.coerulea au rang d’espèce sous le nom de A.coeruleum que Myers prit comme espèce pour son sous-genre Fundulopanchax.

En 1933 Myers créa un autre sous-genre, à savoir Callopanchax. Il prit comme espèce type pour ce sous-genre,

A,’sjoestedti”qui était en fait une espèce non décrite,à savoir Roloffia occidentalis que Clausen ne décrira au’en 1966. En effet pour décréter être en présence de A.sjoestedti, Myers ne s’était pas référer aux types réels de A.sjoestedti, déposés à Stockholm par Lonnberg.

A.sjoestedti : le Blue Gularis des américains.

Jusou’en 1966, A.coeruleum était le vrai A.sjoestedti alors nue cous ce dernier nom se cachait en réalité une espèce non décrite qui allait l’être par C.Clausen, à savoir : Roloffia occidentalis.

A l’heure actuelle on est d’accord sur le statut spécifique de 1’ espèce. Ainsi A.sjoestedti est bien le vrai A.sjoestedti de Lonnberg tandis que chacun reconnaît une espèce valable en R.occidentalis A propos de ce dernier ce n’est que le nom de genre qui est sujet à discussion.

Remarque : Une rude discussion pourrait poindre à l’horizon. En effet si chacun s’accorde à reconnaître a.s.ioestedti et R.occidentalis comme 2 espèces valables, certains dont le Dr.Raddaei et J Huber semblent remettre en question la synonimie A »coeruleum = A. sjoestedti jusqu’à présent acceptée. D’après eux, A.coeruîeum pourrait également être une espèce valable. Cette hypothèse reste à vérifier mais il leur semble que A.coeruleum n’est peut-être pas un synonyme de A.sjoestedti mais plutôt un voisin allopatrique (vivant dans un biotope différent)

A.sjoestedti:population dite

Dwarf Red= Nain rouge Sud-Ouest Nigéria.

Origine:Rivières D’Dian et Mémé au Cameroun occidental. Des populations différentes sont localisées au Nigéria et au Cameroun, populations qui pourraient être éventuellement plusieurs espèces distinctes. (J Huber in KR4—2-KCF, fiche technique sur A.sjoestedti)

Caryotype : n=20

Données méristiques :(pour l’holotype) : D:17/18

A : 17 Sql : 35

Position systématique :

l’espèce la plus proche semble être A.kribianum des régions côtières aux environs de Kribi au Cameroun.

A.gulare, A.gulare schwoiseri. A.deltaense,A.fallax et peut-être A.seymouri sont aussi assez proches mais s’en distinguent par le caryotype.

Description du mâle :

La couleur générale du corps est bleu-vert avec la partie dorsale plus foncée virant au brun cannelle. Les marques des flancs sont à séparer en 2 zones distinctes. En effet si l’avant du corps présente de nombreuses taches rouges indistinctes,la partie arrière(à partir du bord antérieur de la dorsale) est ornée de 6 à 8 ou 9 bandes rouges verticales.

Dorsale et anale sont bleu-vert avec de nombreux points rouges. Leur teinte de base bleu-vert peut virer au rouge-orange dans d’autres populations.La nageoire anale est frangée.

La caudale grande et trilobée est divisée en 3 zones :

- une partie supérieure et une autre supérieure bleu-vert avec des points et taches rouges.

- une partie médiane qui peut être or ange, bleue ou jaune.

(c’est en se référant à cette zone que l’on distingue les différentes phases de coloration).

Les ventrales sont bleues maculées de rouge alors que les pectorales sont incolores.

Description de la femelle :

.Beige sale avec quelques points et traits rouges.

Taille : jusqu’à 14-15 cm pour des exemplaires sauvages alors que les produits d’aquarium n’atteignent généralement 10-12 cm.

Maintien en aquarium :

Vu la taille des poissons, un bac assez grand est nécessaire. Personnellement(JP V) je les maintiens en compagnie de R.occi- dentalis et R.monroviae, dans un bac de 1001 fortement planté et garni de racines de tourbières génératrices de cachettes. La sociabilité entre mâles A.sjoestedti est meilleure qu’entre mâles des grands Roloffia et je n*ai pas de perte à déplorer. Paramètres de l’eau : PH 6,7 DH 5° t° 23°C.

Nourriture : vers de vase et vers de terre principalement mais les daphnies sont aussi très bien acceptées.

Reproduction :(JP Vandersmissen)

Habite des mares à assèchement périodique, ce qui lui confère un caractère semi-annuel.

Pour nous éleveurs, cela signifie que nous pourrons soit incuber les oeufs sous eau, soit les maintenir dans de le tourbe légèrement humide.

Pour 1’élevage, je place un trio dans un bac de 101 dont le sol est garni de tourbe fibreuse.Chaque semaine, je récolte les oeufs et les mets à incuber

dans de petites boîtes en plastic fermées hermétiquement. Ces oeufs sont mis à incuber à sec pour 6-8semaines La tourbe est ensuite placée dans un bac très plat contenant de l’eau de pluie pure et généralement les oeufs éclosent en 3-4H.

La tourbe est réassèchée ensuite pour un mois et après ce laps de temps je reprocède de la même façon.

J’estime que ce procédé à sec est préférable à l’incubation sous eau qui provoque une naissance trop échelonnée génératrice de cannibalisme.

a la naissance les devins peuvent ingérer directement de3 artémias. La croissance e3t rapide.

Notes d’élevage de J.Capiot.

Dans un bac de 35X25X25, je ne place que de la tourbe fibreuse et de l’eau qui titre : PH 6,2 DH 3° t°2I à 24°C. (J’obtiens cette eau en mélangeant de l’eau de Pagnes PH 4,8 DH 0°, avec de l’eau de conduite.)

Je place également une légère aération dans ce bac.

Je procède avec un couple et non avec un trio car j’ai remarqué que ouand une femelle pond l’autre passe son temps à manger les oeufs. Comme nourriture je ne leur procure que du vivant à savoir : vers de vase, daphnies et autres gammares.

Il est préférable de ne pas trop nourrir les poissons au moment où vous voulez récupérer la tourbe. De cette façon en effet vous éliminez vers et autres nourritures en décomposition.

Après une dizaine de jours, je recueille la tourbe, l’essore et la place pour incubation à sec dans une boîte plastic bien fermée.

Je place la boîte à l’abri de la lumière à 22°C.(J’ai remarqué qu’une température supérieure allongeait la durée d’incubation).

En contradiction avec d’autres, mon expérience propre me fait constater que les oeufs éclosent entre le 3Ième et le 35ème jour.

Les jeunes mangent directement de petites daphnies, des grindals et vers le I5èrae jour des petits vers de vase.

Les jeunes grandissent rapidement.

Références :

LÔnnberg Ofv.Akad.Porh.Stockholm P.I9I 1895

Poliak-Huber : KR4(2) 1977 KCF A.üjoestedti

JJ Scheel : ROTOWTPH Publications 1968.

Dr.R.Clark:A.sjoestedti Index aKA

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