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Association Killiphile Francophone de Belgique

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Aphyosemion Bualanum (Ahl,1924)

vendredi 28 février 2014

Dia : J.Buytaert – B.K.V.2Texte : J.Buytaert – B.K.V.2

Nom : bualanum, d’après le lieu de découverte de l’holotype : Buala en République Centre-Africaine.

Synomymes :A.elberti(Ahl 1924), localité type : plateau de Yade ;A.tessemanni(Ahl,1924) localité type : Moloundou ;A.rubrifascium(Clausen,1963) Locité type : Ndikinimeki.

Description : Faire la description des coloris deA.bualanumserait une tâche impossible et ceci pour les raisons suivantes : la répartition deA.bualanumest très étendue et pour cette raison il apparait diiférentes bio-espèces. Ces dernières sont toutes différentes en patron de coloris, de telle sorte qu’une description valable est impossible. Elle serait valable pour une localité définie, tandis qu’elle serait totalement différente pour une souche d’une autre localité. Pour réaliser quand même une certaine distinction on parle dans les différentes associations killiphilesd’une forme bleue et d’une forme rouge, mais cela n’est pas assez précis à mon avis. On serait plus précis en ajoutant au nom d’espèce un nom de souche tel qu’on le fait pour la super-espèceA.gardneri.Les souches qui sont normalement maintenues en aquarium sont pures et les raisons de réaliser cette distinction seron explicitées plus loin.

Historique :Le premierA.bualanumfut capturé par E.Ahl en 1924, un seul exemplaire. Localité type : O-Sanga-Uham, localité (le nom de la ville est Bouala) située sur la rivière Uham, en frontière entre le Tchad et le Congo.

L’holotype est en bien mauvais état ,vu qu’il fut préservé en formol, de telle sorte qu’un spécialiste tel que J.J.Scheel doit hésiter au sujet du sexe du spécimen. Celui-ci le considère comme étant un mâle.

Biotope : Comme déjà dit ci-dessus, la répartition de l’espèce est très étendue. De très grandes différences apparaissent même au niveau du biotope et doivent être prises en considération.A.bualuanumfut découvert aussi bien dans les ruisseaux rapides de montagne situés à une altitude de 1.200m. qu’en des biotopes de savannes et en bordure de la fôret tropicale. La plupart des eaux sontdonc différentes les unes des autres.A.bualanumfut rencontré aussi bien dans les eaux titrant 0,5 DH que dans des eaux atteignant 20DH. Le pH quant à lui oscille d’après les localités entre 5,5 et 7,8 pH, mais dans la plupart des biotopes il se situe aux altentours de 7pH (=neutre).

Maintenance  : Cette espèce n’est pas destinée à l’aquarium d’ensemble, ou bien nous devons les maintenir dans un bac plus petit et assez sombre, en compagnie d’autres occupants très calmes. La température et l’alimentation de cette espèce ne pose pas de grands problèmes, une température d’environ 22°C et un menu varié de nourritures vivantes sont l’idéal.La composition de l’eau ne pose également en principe aucun problèmeardu si la dureté ne monte pas au-dessus des 15° DH. Il faut cependant bien être prudent lors de transvasements d’un type d’eau à un autre. Si ces deux milieux ne sont pas de composition identique on peut obtenir par suite d’un transvasement brutal une détérioration rapide des branchies et de la couche protectrice du corps.

Elevage : En général, il est établi qu’en principe l’élevage de cette espèce n’est pas difficile, et se déroule de la même manière que pour les autresAphyosemionspondeurs de surface. Il faudra bien veiller à assombrir le bac de reproduction. La production d’œufs ne peut pas être citée comme étant élevée et des pontes fournissant un total de 25 œufs peuvent être acceptées comme satisfaisantes. On peut citer qu’un remplacement partiel de l’eau du bac de reproduction peut stimuler la production des œufs. L’élevage nécessite bien un peu d’attention de la part de l’éleveur vu que les jeunes poissons sont très sensibles à la pollution de l’eau, qui se produit encore assez vite lorsqu’on les nourrit aux nauplies d’artémias. Une épluchure de pomme fraîche, placée auprès des jeunes donne souvent de bons résultats. La croissance des alevins est remarquablement lente et ce n’est qu’après 7 mois environ que ceux-ci atteignetn la taille adulte. D’après ma propre expérience, je ne suis pas d’accord en ce qui concerne la productivité, c’est la raison pour laquelle j’ai noté les chiffres suivants. Après séparation d’une semaine ,un trio fût placé en présence et les résultats suivants furent établis :

Premier jour:45 œufs

Second jour:13 œufs

Troisième jour:6 œufs

Total:64 œufs après trois jours.

Ensuite suit une période sans émission d’œufs d’une durée de 6 jours (au total 4 œufs receuillis), après quoi je récolteactuellement et ce depuis deux semaines environ,de 12 à 15 œufs. Ceux-ci sont tous pondus dans des mops en nylon, et ce suivant un patron assez étrange. J’ai notamment placé 4 mops dans un bac de reproduction de 40*20*17, tous réalisés au même format, mais de teinte différentes. Résultat : 90% des œufs furent relevés dans le mop de nylon teinite brun-rouge. Les autres mops étaient réalisés selon les teintes suivantes : rouge sang, vert herbe et vert-eau.

Essais de croisements  : Vu queA.bualanumpossède une forte répartition, il est toujours dangereux d’acheter des poissons de provenance inconnue en vue de la reproduction. La possiblité existe toujours que vous ayez à faire à des biotopes différents,qui une fois croisés, peuvent produire des hybrides stériles. Prenons par exemple un essais qui fut réalisé par J.J.Schell. En 1966, Scheel ramena deux sortesdeA.bualanumà Copenhagen pour étude. Les deux souches : un phenotype de Ndop et un phenotype de Bamkin, étaient morphologiquement(extérieurement en forme et en couleur) si semblables quelles n’étaient pratiquement pas distinguables l’une de l’autre. Attardons nous un instant individuellement sur ces deux souches.

1° La souche de Ndop possédait 19 chromosomes haploides (n=19) et vivait à une altitude de 1200 m. dans un ruisseau de montagne. On ne trouva aucune autres espèce de killie dans ce biotope. L’eau était limpide et possédait les caractéristiques suivantes à la fin de la saison sèche : 6,4 pH et 3,0° DH.

2° La souche de Bamkin avait 20 chromosomes haploides et fut découverte en eau trouble dans une pisciculture de la ville de Bamkin.

Les jeunes issus du croisement de ces deux souches ne s’avèrèrent pas être complètement stérieles. Scheel écrit d’ailleurs qu’un changement des gênes était assez possible en aquarium, mais que ceci ne pouvait pas ou presque pas avoir lieu dans la nature. Mais Scheel mena plus loin ses expériences avecA.bualanumavec l’espèce très désiréeA.exiguum(n=18) et nota les résultats suivants :

1° Le croisement avec A.bualanum Ndop (n=19) : les hybrides étaient viables et presque tous fertiles.

2° Le croisement avec la souche de Bamkin(n=20) : les hybrides étaient viables mais stériles.

3° Les croisements entre les deux hybrides (F1 * F1 = F2) n’étaient pas viables.

Littérature :

  • Ruud Wildekamp : KFN Killinieuws /Juin 1974 : A.bualanum
  • J.J.Scheel : rivulins of the old World (TFH Publications)
  • J.Franz : A.J.A.K/vol4 , n°3

Retrouvez cet article dans la revue d’orgine :

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